Berliner Boersenzeitung - "Je ne peux pas produire à ce prix-là": le plus gros maraîcher du Grand Est cesse sa production

EUR -
AED 3.967942
AFN 77.324316
ALL 99.294066
AMD 422.287408
ANG 1.93397
AOA 990.639478
ARS 1159.010017
AUD 1.71413
AWG 1.947249
AZN 1.836578
BAM 1.956668
BBD 2.180568
BDT 131.238242
BGN 1.957494
BHD 0.407188
BIF 3209.824492
BMD 1.080304
BND 1.451244
BOB 7.462312
BRL 6.1236
BSD 1.079979
BTN 92.310967
BWP 14.947634
BYN 3.534268
BYR 21173.966824
BZD 2.169263
CAD 1.547477
CDF 3103.714416
CHF 0.954227
CLF 0.026683
CLP 1023.923577
CNY 7.85403
CNH 7.861154
COP 4499.629996
CRC 542.540775
CUC 1.080304
CUP 28.628067
CVE 110.313956
CZK 24.963354
DJF 192.315348
DKK 7.461144
DOP 68.200267
DZD 144.67225
EGP 54.63391
ERN 16.204566
ETB 142.965047
FJD 2.517703
FKP 0.83802
GBP 0.834508
GEL 2.981617
GGP 0.83802
GHS 16.741815
GIP 0.83802
GMD 77.90337
GNF 9345.931385
GTQ 8.334868
GYD 226.790265
HKD 8.406718
HNL 27.622852
HRK 7.533715
HTG 141.078347
HUF 403.609798
IDR 18096.181455
ILS 3.998477
IMP 0.83802
INR 92.482752
IQD 1413.641819
IRR 45459.082174
ISK 143.913941
JEP 0.83802
JMD 169.081799
JOD 0.76588
JPY 161.174964
KES 139.615046
KGS 93.367656
KHR 4316.070833
KMF 492.954431
KPW 972.280671
KRW 1591.278891
KWD 0.333119
KYD 0.898525
KZT 543.839812
LAK 23379.567816
LBP 96570.53158
LKR 319.081266
LRD 216.018799
LSL 19.809457
LTL 3.189859
LVL 0.653465
LYD 5.204117
MAD 10.402892
MDL 19.421485
MGA 5051.880988
MKD 61.568244
MMK 2267.986314
MNT 3760.25671
MOP 8.657971
MRU 42.943558
MUR 49.285269
MVR 16.680361
MWK 1872.196091
MXN 21.989273
MYR 4.793305
MZN 69.017972
NAD 19.809457
NGN 1659.603081
NIO 39.724769
NOK 11.275472
NPR 148.041765
NZD 1.88167
OMR 0.415902
PAB 1.080304
PEN 3.972097
PGK 4.428474
PHP 61.911735
PKR 302.611908
PLN 4.195843
PYG 8593.611468
QAR 3.932315
RON 4.987798
RSD 117.419998
RUB 91.675564
RWF 1535.109837
SAR 4.050871
SBD 9.182375
SCR 15.557638
SDG 648.746723
SEK 10.76356
SGD 1.451517
SHP 0.84895
SLE 24.603912
SLL 22653.44491
SOS 616.379778
SRD 40.085368
STD 22360.120571
SVC 9.452454
SYP 14045.961696
SZL 19.809457
THB 36.892808
TJS 11.758751
TMT 3.778964
TND 3.35685
TOP 2.60184
TRY 40.957976
TTD 7.325636
TWD 35.904826
TZS 2861.115011
UAH 44.615362
UGX 3947.904336
USD 1.080304
UYU 45.573275
UZS 13956.846588
VES 75.172309
VND 27705.289404
VUV 133.291442
WST 3.0653
XAF 657.272575
XAG 0.032022
XAU 0.000346
XCD 2.924752
XDR 0.813245
XOF 657.272575
XPF 119.331742
YER 265.769471
ZAR 20.12255
ZMK 9724.033513
ZMW 30.290151
ZWL 347.857586
  • AEX

    -5.5200

    899.7

    -0.61%

  • BEL20

    -34.0600

    4332.06

    -0.78%

  • PX1

    -33.8700

    7842.35

    -0.43%

  • ISEQ

    -11.3900

    10343.75

    -0.11%

  • OSEBX

    -17.7600

    1500.3

    -1.17%

  • PSI20

    -6.2600

    6944.67

    -0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    10.4100

    2750.34

    +0.38%

  • N150

    -19.1700

    3404.09

    -0.56%

"Je ne peux pas produire à ce prix-là": le plus gros maraîcher du Grand Est cesse sa production
"Je ne peux pas produire à ce prix-là": le plus gros maraîcher du Grand Est cesse sa production / Photo: ROMEO BOETZLE - AFP

"Je ne peux pas produire à ce prix-là": le plus gros maraîcher du Grand Est cesse sa production

C'était le plus grand maraîcher du Grand Est : à Balgau (Haut-Rhin), Claude Keller, patron de l'entreprise ID3A, a décidé de mettre fin à son activité, essoré par l'impossibilité de vendre au juste prix ses légumes à la grande distribution.

Taille du texte:

En 2024, sur 220 hectares de terres cultivées, l'entreprise a produit plus de quatre millions de salades, 1,5 million de bottes de radis, 320.000 choux blancs, 800 tonnes de navets, et encore des centaines de tonnes de persil et de céleri à destination des supermarchés français.

Toutefois, dans les frigos grands comme des hangars et sur les champs qui s'étendent à perte de vue, pas un légume ne subsiste aujourd'hui. Au bord des parcelles, des montagnes de palettes et de cageots vides témoignent d'une époque désormais révolue.

Les machines sont rachetées par des producteurs étrangers, les terres légumières vont être reconverties en grandes cultures (blé, orge, maïs) pour l'alimentation animale. Les supermarchés, eux, iront se fournir ailleurs.

"On est en semaine 13 sur le calendrier. Normalement on aurait dû planter 50.000 batavias, 10.000 laitues, 25.000 feuilles de chêne blondes, et trois hectares de radis", explique le chef d'entreprise en montrant les plannings de production de l'année précédente, restés accrochés sur de grands tableaux.

Au lieu de ça, la PME a mis en place un plan de cessation d'activité, et licencie son personnel. Elle employait une douzaine de permanents et jusqu'à 70 saisonniers, soit 49 équivalents temps plein.

- "Cadeau empoisonné" -

La décision de mettre fin à cette activité entamée il y a 35 ans n'a pas été facile à prendre. "C'est des semaines et des mois où vous ne dormez pas la nuit", témoigne l'agriculteur de 59 ans, qui a monté la société avec son père et y a fait toute sa carrière.

"J'ai un fils qui nous a rejoint il y a un an, et je ne me voyais pas lui transmettre une entreprise comme ça. C'était un cadeau empoisonné".

A l'origine de ses difficultés, l'impossibilité de faire accepter à ses clients, les centrales d'achat des grandes surfaces, des hausses de prix pour répercuter "l'explosion des charges", principalement l'augmentation du coût de l'énergie, des produits phytosanitaires et du transport.

"Il y a un problème dans la filière", analyse-t-il. "Personne n'a la droit de vendre à perte, que ce soit le grossiste, le distributeur, le magasin, ça paraît logique. Il n'y a qu'un seul maillon où on tolère la vente à perte, c'est nous, les producteurs, parce qu'on ne se base jamais sur le prix de revient, on ne parle que du prix du marché."

Ainsi en 2024, il a été contraint de vendre pendant des semaines ses salades à 50 centimes l'unité, quand elles lui coûtent 75 centimes à produire.

"On a des produits frais, fragiles, on ne peut pas les stocker. C'est à vendre tout de suite ou alors c'est foutu. Ils jouent sur ce rapport de force, et nous on n'a pas le choix".

Il pointe la responsabilité des enseignes de la grande distribution et souligne le décalage entre le discours volontariste des grands patrons médiatiques et le comportement des directeurs de magasins, "qui mettent la pression".

- Concurrence des petits -

Mais il n'élude pas non plus les limites du monde agricole. "Nous ne sommes que des petites PME, nous ne sommes pas organisés", déplore-t-il, regrettant que l'interprofession n'ait "jamais réussi à mettre en place un bureau d'achat pour peser plus lourd dans les négociations".

Au final, il subit "la concurrence de petits producteurs, qui ne connaissent pas leurs prix de revient", acceptent de baisser les prix et vendent à perte sans le savoir. "Tant que le prix de revient ne sera pas à la base de l'élaboration du prix de vente, je ne vois pas de sortie à notre problème".

Les grandes réformes, dont les lois Egalim, visant à protéger la rémunération des agriculteurs face à la grande distribution, n'y ont rien changé. "On pensait que ça nous aiderait, mais ça n'a pas été le cas. C'est le consommateur qui décide s'il achète nos produits, c'est lui qui a le pouvoir".

Pour son fils Léo, 24 ans, qui s'apprête à prendre la relève, l'arrêt du maraîchage laissera une petite cicatrice: "ça m'a fait mal au début", confie-t-il sous sa casquette verte. "Mais j'ai pris conscience que c'était la meilleure chose à faire".

(L.Kaufmann--BBZ)