Berliner Boersenzeitung - "Le bonheur n'existe pas": quatre ans après le coup, la misère des Birmans en Thaïlande

EUR -
AED 3.854831
AFN 75.566588
ALL 99.265989
AMD 413.001906
ANG 1.892176
AOA 957.173967
ARS 1113.765015
AUD 1.661731
AWG 1.889159
AZN 1.782477
BAM 1.95712
BBD 2.119829
BDT 127.55601
BGN 1.955384
BHD 0.395574
BIF 3109.56714
BMD 1.049533
BND 1.405334
BOB 7.254892
BRL 6.073753
BSD 1.049908
BTN 91.469806
BWP 14.47162
BYN 3.435784
BYR 20570.840833
BZD 2.108902
CAD 1.503135
CDF 3014.257866
CHF 0.938245
CLF 0.025783
CLP 989.201431
CNY 8.15912
CNH 7.621759
COP 4339.817696
CRC 530.958023
CUC 1.049533
CUP 27.812616
CVE 110.722622
CZK 24.929232
DJF 186.522771
DKK 7.458192
DOP 65.543427
DZD 141.382713
EGP 53.100585
ERN 15.74299
ETB 135.610765
FJD 2.415027
FKP 0.82968
GBP 0.827147
GEL 2.949219
GGP 0.82968
GHS 16.319992
GIP 0.82968
GMD 75.048283
GNF 9083.705622
GTQ 8.094458
GYD 219.648108
HKD 8.158023
HNL 26.844101
HRK 7.53659
HTG 137.37263
HUF 399.149856
IDR 17174.55303
ILS 3.730721
IMP 0.82968
INR 91.476482
IQD 1375.327378
IRR 44185.3267
ISK 145.48589
JEP 0.82968
JMD 165.361503
JOD 0.744645
JPY 156.439182
KES 135.91388
KGS 91.782207
KHR 4219.120985
KMF 491.703133
KPW 944.631877
KRW 1504.914244
KWD 0.323623
KYD 0.874882
KZT 525.334231
LAK 22780.106936
LBP 94038.129285
LKR 310.33926
LRD 208.174706
LSL 19.342978
LTL 3.098997
LVL 0.634852
LYD 5.110869
MAD 10.407163
MDL 19.580016
MGA 4954.293455
MKD 61.521969
MMK 2203.135223
MNT 3638.570231
MOP 8.406288
MRU 42.159208
MUR 48.730286
MVR 16.162981
MWK 1820.527574
MXN 21.384165
MYR 4.648406
MZN 67.060625
NAD 19.316925
NGN 1572.137
NIO 38.636052
NOK 11.692954
NPR 146.352685
NZD 1.839264
OMR 0.404098
PAB 1.049878
PEN 3.864005
PGK 4.22685
PHP 60.765901
PKR 293.83253
PLN 4.13526
PYG 8317.608529
QAR 3.827581
RON 4.976567
RSD 117.182422
RUB 91.132241
RWF 1478.182648
SAR 3.936142
SBD 8.839149
SCR 15.096802
SDG 630.768853
SEK 11.161764
SGD 1.403787
SHP 0.833986
SLE 24.035435
SLL 22008.181777
SOS 600.004581
SRD 37.205649
STD 21723.2078
SVC 9.186194
SYP 13646.154699
SZL 19.325031
THB 35.391288
TJS 11.443616
TMT 3.673364
TND 3.323841
TOP 2.458113
TRY 38.263926
TTD 7.127806
TWD 34.399458
TZS 2722.488122
UAH 43.700867
UGX 3862.604538
USD 1.049533
UYU 44.830229
UZS 13522.117908
VES 67.111237
VND 26810.312708
VUV 129.174647
WST 2.953514
XAF 656.399608
XAG 0.032905
XAU 0.00036
XCD 2.836415
XDR 0.799732
XOF 656.399608
XPF 119.331742
YER 259.523171
ZAR 19.2994
ZMK 9447.058907
ZMW 29.738052
ZWL 337.9491
  • AEX

    2.3200

    932.09

    +0.25%

  • BEL20

    77.4200

    4476.06

    +1.76%

  • PX1

    92.5900

    8143.92

    +1.15%

  • ISEQ

    47.4000

    10821.12

    +0.44%

  • OSEBX

    8.0700

    1501.64

    +0.54%

  • PSI20

    69.1900

    6988.33

    +1%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    11.1600

    3026.62

    +0.37%

  • N150

    27.4000

    3495.43

    +0.79%

"Le bonheur n'existe pas": quatre ans après le coup, la misère des Birmans en Thaïlande
"Le bonheur n'existe pas": quatre ans après le coup, la misère des Birmans en Thaïlande / Photo: Lillian SUWANRUMPHA - AFP

"Le bonheur n'existe pas": quatre ans après le coup, la misère des Birmans en Thaïlande

Quatre ans après le coup d'Etat de la junte, la Birmanie reste déchirée par un conflit civil sanglant, qui a poussé de nombreux jeunes à fuir en Thaïlande, où ils survivent dans la précarité et la peur.

Taille du texte:

L'AFP a rencontré trois migrants de Mahachai, un quartier de Samut Sakhon surnommé la "petite Birmanie" de la banlieue ouest de Bangkok.

Ils ont accepté de partager leur histoire, sous la condition de l'anonymat, pour leur sécurité et celle de leurs familles restées en Birmanie.

- Ma Phyu: "J'ai perdu tous mes rêves" -

"Après le putsch, j'ai perdu tous mes rêves", souffle Ma Phyu, 28 ans, qui suivait des cours dans une université de Rangoun pour devenir enseignante.

Après le putsch du 1er février 2021, la junte a orchestré par la force la répression des mouvements dissidents, notamment portés par les jeunes générations qui ont grandi durant la décennie d'expérimentation démocratique avec Aung San Suu Kyi.

Comme des milliers d'autres, Ma Phyu a préféré partir, à contre-cœur, que de risquer sa vie dans le pays, où le conflit s'est étendu à toutes les régions.

La Thaïlande abrite la plus grande diaspora birmane au monde, avec 2,3 millions de travailleurs enregistrés, auxquels il faut ajouter 1,8 million de personnes en situation irrégulière, selon l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM).

Le royaume confine les migrants aux métiers ingrats, dans la construction, l'agriculture, ou l'agroalimentaire, pour un salaire souvent inférieur au niveau minimum, qui se situe autour de 350 bahts (10 euros) par jour à Bangkok, a relevé l'OIM.

Ma Phyu est assignée aux tâches liées au broyage dans une usine de conserve de poissons, où elle effectue des rotations de 17h30 à 03h00 du matin, six jours sur sept.

Ses supérieurs la réprimandent quand elle ne comprend pas les ordres en thaï, qu'elle ne parle pas, décrit-elle.

"Je ne peux pas supporter l'odeur du poisson. Je ressens du dégoût au travail, et c'est pareil à la maison. Rien ne change, je ne veux plus vivre", poursuit-elle.

Son mari l'a rejointe en 2024 dans leur logement d'une pièce à Mahachai.

"Mon ancienne vie était remplie de joie. S'il n'y avait pas eu le coup, j'aurai eu une bonne vie."

- Lwin Lwin: "Le bonheur n'existe pas" -

Dans une pièce sombre d'un bâtiment décrépi, Lwin Lwin apprend le japonais avec cinq autres Birmans.

La jeune femme de 21 ans, originaire de Tanintharyi (sud), a quitté la Birmanie avant de terminer le lycée. Elle espère apprendre une nouvelle langue pour échapper à la vie thaïlandaise qu'elle n'a pas choisie.

"Le coup a chamboulé mon existence. Je pensais que j'allais finir l'école, aller à l'université et travailler pour le gouvernement", explique-t-elle.

Aujourd'hui, "le bonheur n'existe pas. Il n'y a rien à faire, sauf être triste."

Comme Ma Phyu, elle travaille dans une usine de conserves de poisson de Samut Sakhon, et vit dans un dortoir surpeuplé avec d'autres migrants.

"Que je sois triste ou heureuse, je dois travailler", explique Lwin Lwin.

"Quand mon supérieur me crie dessus au travail, j'ai juste envie de partir. Mais je sais que je ne peux pas rentrer dans mon pays."

- Thura: "Traumatisé jusqu'à la mort" -

Thura, 25 ans, fait partie des milliers de Birmans qui ont fui après que la junte a annoncé, en février 2024, la mise en place d'un service militaire obligatoire.

Il a préféré l'exil en Thaïlande, que de combattre dans les rangs d'un régime auquel il ne croit pas, quitte à abandonner son rêve de gérer un jour son propre garage.

"Au début, je voulais rejoindre les forces de défense du peuple (qui combattent la junte, ndlr). Mais j'ai des frères et sœurs, et j'ai choisi de travailler", explique-t-il.

Quelque 975 millions de dollars ont été transférés depuis la Thaïlande vers la Birmanie en 2022, selon l'OIM. Cet argent sert de bouée de sauvetage pour de nombreuses familles restées au pays, où la guerre a démembré l'économie.

Il ne quitte pas la pièce qu'il habite avec une sœur dans l'attente de sa régularisation et de son titre de séjour. S'il travaillait au noir, il craint d'être arrêté et renvoyé en Birmanie.

"On sera traumatisés par le coup d'Etat jusqu'à notre mort", explique-t-il.

"S'il n'y avait pas eu de coup d'Etat, les jeunes partageraient leurs repas en famille. Aujourd'hui, on vit séparés de nos familles depuis de longues années. J'ai de la peine pour nous-même."

(U.Gruber--BBZ)